HIPPIE - Accueil
© Copyright 2001 - Auteur: Julie Chabloz

Ce Travail de maturité est protégé par un Copyright. Il est enregistré sous le No 15958/3 au Gymnase Auguste Piccard de Lausanne en Suisse.
Toute copie ou reproduction complète ou partielle des textes (même modifiés) contenus dans ce site sont interdits sans le consentement de l'auteur.

Merci de me contacter sur ce mail pour toute demande

Téléchargez le fichier PDF-Acrobat de HIPPIE

HIPPIE - Full - Télécharger


HIPPIE - Accueil HIPPIE - Préface HPPIE - Introduction HPPIE - Chapitre 1 HPPIE - Chapitre 2 HPPIE - Chapitre 3 HPPIE - Chapitre 4 HPPIE - Chapitre 5 HPPIE - Conclusion HPPIE - Bibliographie


Quels aspects de la société française
du début des années soixante ont poussé
le mouvement hippie à se développer ?


NB: Notes et références en bas de page

1. Une société de consommation refusée par les jeunes

Beaucoup de jeunes Français, prenant exemple sur leurs contemporains américains, méprisaient la plupart de leurs aînés, qu’ils fussent leurs parents ou certains politiciens, car ils n’étaient pas d’accord avec leurs idées capitalistes et traditionalistes. Les premiers à se révolter faisaient en général partie de la classe bourgeoise (les fils d’ouvriers ne pensaient à cela). Leurs parents, qui avaient vécu la guerre, leurs donnaient tout (choses matérielles), sauf la liberté. Les jeunes hippies refusaient de devenir des adultes conformistes, autrement dit de "s’assagir" et de passer par certains rites, comme faire des études, travailler pour gagner un salaire, avoir une voiture, aller à l’armée, etc… Pour eux, tout cela faisait partie d’une société matérialiste qu’ils refusaient. Ils avaient envie d’être indépendants, mais de manière "alternative". Leur but était de remettre en cause toutes les valeurs sur lesquelles la société reposait depuis des décennies.

Voici un petit extrait des paroles d’un jeune hippie nommé Michel-Claude Jalard1 :

"Ainsi vont les choses dans nos sociétés dite de consommation : passée l’adolescence, âge irrécupérable mais dont on sait qu’il n’a qu’un temps, une certaine image de vous-même vous attend, tirée d’ailleurs à plusieurs millions d’exemplaires ; elle vous guette d’autant plus tôt que votre famille ne dispose pas des ressources financières qui, quelques années encore, vous garantiraient le droit à l’irresponsabilité. Gare à vous si vous ne marchez pas ensuite. On vous culpabilisera d’abord ; quelques bonnes lois feront le reste."

Ceci traduit très bien le malaise présent chez beaucoup de jeunes de cette époque. En fait, ils ne supportaient pas d’avoir un avenir tout tracé par la société: faire son permis de conduire, avoir si possible une bonne situation financière, se marier, avoir des enfants et une maison, etc… À partir de 18-20 ans, il leur fallait pouvoir commencer à "s’assumer" : finir leur formation puis trouver du travail, devenir "M. Tout Le Monde", se couper les cheveux, arrêter de fumer des joints; bref, laisser tomber leur culture alternative qui faisait toute leur originalité, pour perdre en quelque sorte leur personnalité et leur individualité… Cet extrait montre aussi que la société ne laissait aucune place à un mode de vie autogéré, en communauté, par exemple.


1.2 Des conventions sociales trop strictes

On peut affirmer que le mouvement hippie s’est formé à partir du rejet d’une certaine forme de vie sociale que les jeunes n’acceptaient pas. En effet, les adolescents de cette époque étaient bien conscients de faire partie d’une nouvelle génération révoltée contre la société et leurs parents, qui d’ailleurs n’appréciaient pas trop leurs goûts musicaux, leurs comportements ni leur look. De plus, certaines règles de vie en France étaient bien ancrées dans les esprits. C’est pour faire sauter tout ce conformisme que les jeunes se mirent à contester certains usages. Ils voulaient une société imaginative et plus égalitaire.

Pour illustrer ce phénomène, voici un texte intitulé "La Révolution par le rock"2, écrit en 1971 par Jerry Rubin:

"En apparence, le monde des années 50 avait la bonne placidité d’Eisenhoweer. Satisfait et béat comme un grand reportage sur les "Fans d Ike", papa-gâteau.

Par en dessous, la masse silencieuse des opprimés avait saisi ses chaînes à deux mains. (…)

L’Amérikkke
3 était coincée dans ses contradictions.

Papa regardait avec fierté sa maison et sa voiture, sa pelouse taillée au ciseau à ongles. Tous ces biens qui justifiaient sa vie. Il essayait de nous une bonne éducation: il voulait nous apprendre à marcher droit sur la droite de la Réussite.


Travaille ne joue pas

Étudie ne traîne pas

Obéis ne pose pas de questions

Intègre-toi ne te fais pas remarquer

Sois sérieux ne te drogue pas

Fais de l’argent ne fais pas d’histoires (..)

On ne savait plus où on en était. Comment arriver à comprendre qu’il fallait bosser dur pour acheter des baraques toujours plus hautes ? Des bagnoles toujours plus longues ? Des pelouses taillées au ciseau toujours plus grandes?

On en devenait fous. On ne pouvait plus tenir.

Elvis bousilla l’image papa-gâteau d’Eisenhower en secouant à mort nos jeunes corps emmaillotés. L’énergie sauvage du rock gicla en nous, toute bouillante, et le rythme libéra nos passions refoulées.

De la musique pour libérer l’esprit.

De la musique pour nous unir."


Après avoir lu cela, on comprend mieux pourquoi les jeunes de l’époque en avaient assez de l’ordre établi: leurs parents leur répétaient sans cesse les mêmes choses en croyant faire cela pour leur bien. En fait, c’était tout le contraire: à force d’obliger leurs enfants à être sages, raisonnables, modèles et à entrer dans le système, ceux-ci n’avaient qu’une seule envie, se rebeller. Ils ne comprenaient pas l’acharnement de leurs aînés à vouloir toujours plus d’argent et de biens matériels. Eux, tous ce qu’ils demandaient, c’était profiter de leur jeunesse comme ils l’entendaient. Ce n’était pas forcément une preuve d’immaturité, mais plutôt une autre vision de la vie. Ainsi, par exemple, ils se défoulaient en écoutant de la musique rock; cela leur changeait les idées.

Cette photo4, prise à Nanterre en 1968, nous fait bien comprendre par une métaphore choquante, la vision du monde qu’avaient les étudiants français. Pour eux, les gens riches étaient au pouvoir, et le petit peuple, comprenant surtout la classe ouvrière, étaient dominés par eux, sans avoir le droit de donner leur avis. Cette phrase a été écrite sur les fenêtres d’un bâtiment universitaire de Nanterre, d’où est parti le mouvement de Mai 68. Les mots sont grossiers dans le but d’attirer le regard des passants, et ainsi d’amener le prolétariat à se révolter contre la classe bourgeoise et à dire non à une société créée par les riches pour mieux écraser les pauvres.

Vision du monde des étudiants français


Notes - Références

  1. Tiré de: Pourquoi n'êtes-vous pas hippie?, de Bernard Plossu, p. 8
  2. Tiré de: Racines du futur, de M. Dumoulin et D. Maloens, p.110
  3. Amérikke, comme Ku-Klux-Klan. Nouvelle orthographe des révolutionnaires américains
  4. Tirée de: Nous l'avons tant aimée, la Révolution, de Dany Cohn-Bendit, p. 67






HIPPIE - Accueil
© Hippie WebSite
© Copyright 2001 - Auteur: Julie Chabloz / Attention: ce Travail de maturité est protégé par un Copyright.
Il est enregistré sous le No
15958/3 au Gymnase Auguste Piccard de Lausanne en Suisse.
Toute copie ou reproduction complète ou partielle des textes (même modifiés)
contenus dans ce site sont interdits sans le consentement de l'auteur.

Mise à jour 20.4.2010

Merci de me contacter sur ce mail pour toute demande